La dépêche du mididu 7/01/2008 auteur J.A.L Photos Campo

 

 Albi. Un vrai restau au foirail de Jarlard

Gastronomie. Patrick et Jocelyne Campomizi cuisinent du 100% maison pour les ouvriers.
Midi sonnante: c'est le coup de feu. Camions et camionnettes, salopettes et bleu de travail (ou marcel qui moule le pectral et le biscoto à la belle saison) déboulent sur le parking du Foirail de Jarlard. Destination gourmande: le «restau du Foirail». Patrick Campomizi, moustache en batterie et crinière assortie, est déjà aux manettes (de la tireuse à demis) et au décapsuleur. Ici, avant de s'asseoir, on fait étape au zinc, avec les copains. Et ça chambre. En cuisine, Jocelyne, sa femme, une ancienne des grandes maisons parisiennes (la Maréchale de Lattre, entre autres), est dans les starts. Elle mitonne depuis l'aube rognons forestières, tête de veau ravigotte ou langue de bœuf aux câpres, pot au feu ou blanquette... Et les croustades aux pommes, poires, pêches, et tartes aux fruits de la saison.
Rendez-vous ouvrier
En période pré-électorale, on voit quelques candidats en campagne. Ensuite...., on ne les voit plus». Il y a des mains à serrer, calleuses et chaleureuses. Celles des chauffeurs, des gars du BTP, qu'on ne nourrit pas avec des promesses. Du «100 % maison», du goûteux, du copieux. Un vrai restau ouvrier, au sens le plus noble, où l'assiette est pointue, la quille de rouge généreuse et la plaisanterie à fleur des lèvres, tout au long de la grande tablée masculine. Sophie slalome avec les assiettes. Danseuse et funambule.
 
 
Albi. Le restaurant du Foirail fête ses 15 ans
jarlard
 
 
Un restaurant sur un site improbable. A l'intérieur, une clientèle surtout ouvrière autour d'un menu digne des grands.
Au moment de choisir un restaurant, il y a deux écoles : ceux qui sortent le Guide de la boîte à gants, et qui comptent les étoiles, et ceux qui comptent les camions et camionnettes sur le parking. Pour les seconds, le restaurant du Foirail est tout indiqué. Il résiste contre les vents et marées des conjonctures depuis 15 ans, sur un site improbable, en bordure du Foirail de Jarlard. Au fourneau, Jocelyne Campomizzi, des années de grande maison à Paris, chez une maréchale qui savait recevoir. Au comptoir et au service, Patrick, son mari, un savoir faire inégalé dans les achats et une faconde rabelaisienne dans l'accueil. Un client parmi d'autres, Eric Amédée, chauffeur des meubles Delmas, fait le détour chaque fois qu'il peut et résume, geste à l'appui. «Ici, on mange, bien, très bien, très très bien».
Comment le dire mieux ? Des pieds de porc en civet avec des petits lardons, une brandade de morue à la québécoise, avec le poisson et les moules qui servent de couvercle, la soupe du Tyrol et ses boulettes surprises, qui renferment des saucisses fumées, les tagliatelles aux fruits de mer, voilà pour quelques-unes des nouveautés. Et les classiques, cette tête de veau ravigotte que certains mangeraient sur la tête d'un teigneux, le foie de veau en persillade, les tripes «à ma façon», les îles flottantes, la croustade façon pastis. Fermez le ban, on se frise les moustaches… Le resto du Foirail